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Du talent au professionnalisme… Foot-il perdre espoir?

La phase aller de poules de la Ligue des Champions 2022 est terminée, et voici venu le moment pour SASPORT de vous présenter les trois (3) grenadiers qui, sans surprise, figurent dans le top dix (10) des meilleurs joueurs de ce début de compétition. Il s’agit de Georges Chadin DELICE, d’Emmanuel SANON (Ti Manno) et de Guy SAINT-VIL (Ti Guy).

Le premier, Chadin, que l’on considère comme étant l’un des meilleurs attaquants que la République d’Haïti n’ait jamais produit a tapé, à juste titre, dans l’œil des recruteurs du FC Barcelone qui n’ont point hésité à faciliter son transfert, l’été dernier, dans la « Liga espagnole » où il a su démontrer sa polyvalence à évoluer tant au poste de milieu de terrain qu’à celui d’attaquant. En témoignent, les trois (3) buts et deux (2) passes décisives à son compteur.

Le second, Ti Manno, s’est appuyé sur ses points forts pour mettre au supplice les défenseurs adverses par ses accélérations et ses crochets dévastateurs qui se sont soldés par quatre (4) superbes réalisations.

Quant au dernier, Ti Guy, surnommé le « Pelé haïtien », il a régalé les amants du football autant par sa vista qu’avec ses dribbles, sa vitesse et sa volonté constantes de provoquer balle aux pieds. S’il n’a marqué que deux buts (2) et délivré quatre (4) passes décisives – excusez du peu – Ti Guy a été dans tous les bons coups du Real de Madrid.

Les Haïtiens ont déjà dû cocher la date du dimanche 16 octobre (16h15 p.m.), où le Santiago Bernabeu sera le témoin du choc par excellence en Liga, où Ti Guy attend de pieds fermes son compatriote Chadin, pour un « CLASICO » qui ne verra pas s’échanger que des amabilités, et dont nous garderons, à coup sûr, un souvenir impérissable.

Voilà ce que les journalistes sportifs haïtiens auraient tous aimé écrire aux lendemains des journées et étapes de la compétition de football reine de l’Europe. D’autant qu’ils sont nombreux à croire, dur comme fer, que les anciennes gloires du football national auraient pu aisément évoluer au niveau des grands championnats étrangers, s’ils jouaient actuellement.

Délicat de leur donner tort quand leurs confrères du Liberia ont vibré au rythme des performances d’un certain George WEAH, ballon d’or européen. Et ceux de Trinidad, n’ont-ils pas été fiers de parler des prouesses d’un Dwight E. YORKE (près de 200 buts ! ) au sein du championnat anglais ? Je n’ose même pas imaginer la joie par procuration ayant traversé le petit de la République dominicaine (Pourtant Terre du baseball par excellence) en admirant Mariano DIAZ flanqué du maillot #7 de Cristiano RONALDO au Real de Madrid.

Alors, pourquoi aucun joueur d’Haïti, où le football est considéré comme le Sport-roi, n’a-t-il jamais brillé dans aucun club de D1 des cinq (5) grands championnats européens ?

Entre patriotisme, chauvinisme et fanatisme, les frontières sont ténus, et on court le risque de basculer dans l’irrationnel en affirmant que les talents d’hier, dont certains ont, certes, joué la Coupe du monde de football, seraient titulaires, à coup sûr, au sein des meilleurs clubs européens actuels s’ils étaient actifs. Aussi, ne voudrions-nous nullement manquer de respect à un Réginald GOREUX, un Donald GUERRIER ou un Frantzy PIERROT, eu égard aux nombreux sacrifices qu’ils ont consentis pour avoir pu fouler les pelouses européennes de la Ligue des Champions, en étant aussi catégoriques relativement au probable destin de leurs illustres et talentueux prédécesseurs. En effet, de cette improbable assertion à une éventualité ne s’étant jamais matérialisée pour ceux-ci, il y a cette avalanche de « Si….Si …..Si…. » qui nous empêcherait de rester objectifs et cartésiens dans ce genre d’affirmations.   

Aussi, après avoir retourné le problème dans tous les sens, nous sommes-nous plutôt demandé: comment se fait-il qu’aucun de ces anciens n’ait jamais pu vraiment réussir dans les clubs étrangers où ils ont eu – certains – la chance d’être recrutés, et franchir le pas que certains joueurs de la CONCACAF, tel un Hugo SANCHEZ, Javier HERNANDEZ, Rafa MARQUEZ ont pu faire en devenant des références des clubs aussi prestigieux que le Real de Madrid et le FC Barcelone ? Les raisons sont multiples (nous en reparlerons dans un autre article). Et si les plus optimistes disent que cela arrivera bien un jour, je ne trouverai, peut-être, jamais de réponses satisfaisantes à ces propos qui susciteront des débats animés entre amants et passionnés du ballon rond.

Entre-temps, nous croisons très souvent le regard chargé de frustrations d’anciens-nes athlètes, se demandant désabusés-es « pourquoi ils-elles ont vu le jour en Haïti, un pays dont l’organisation sportive présente faiblesses et asymétries sur les plans de ses institutions, des politiques mises en œuvre, bref, de la gouvernance ? »

Mais aux jeunes talents sportifs, les yeux pétillants de rêves de faire une brillante carrière sportive, nous aimerions pouvoir dire, avant qu’ils ne soient gagnés par la lassitude et les remords, que le succès escompté ne dépend guère uniquement de leurs talents, mais :

  • d’un Ministère, avec des femmes et des hommes honnêtes capables de concevoir et d’implémenter des politiques nationales de Jeunesse, de Sport et de Civisme, validées autant par les acteurs du mouvement sportif que par des « élus » qui cesseront d’abuser de leur charge de service public à des fins personnelles ;
  • d’associations sportives solides et transparentes qui doivent comprendre qu’un système fédéral doit, de nos jours, dans son fonctionnement et ses objectifs s’apparenter à une logique d’entreprise ; et
  • d’un Secteur privé qui puisse investir dans le sport afin, non seulement, de répondre aux besoins croissants des clubs que les dépenses publiques ne peuvent pas tous combler ; mais aussi, de créer un secteur économique, à part entière, qui peut constituer un dynamique pourvoyeur d’emplois.

Au demeurant, quand la fiction laisse place à notre triste réalité, nous voulons pouvoir, lucides, affirmer, sans risque de nous tromper, que l’espoir d’un renouveau du Sport haïtien requiert, avant tout, une volonté politique matérialisée par la promotion de l’intégrité, de la responsabilité et de l’obligation convaincues de rendre compte ; en espérant que l’Institution de référence, responsable de la conduite des politiques sportives, ne soit empêtrée dans des scandales de corruption qui tendent à devenir l’expression courante des luttes intestines et des querelles animées par des éléments pernicieux omniprésents, qui compromettent la mise en place de saines pratiques en matière de gouvernance sportive.

Mickelson THOMAS
Un amant du Sport

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