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Football féminin : déconfiner la vérité sur les abus sexuels fera tomber des masques

Accusé de viol, le président de la Fédération Haïtienne de Football est suspendu par la FIFA.

Contribution de la Société des Amis du Sport

Relativement à la saga incandescente de ce que nous pouvons d’ores et déjà appeler « l’affaire Dadou », la nouvelle est confirmée ce 25 mai 2020 : le président de la Fédération Haïtienne de Football (FHF), le Dr. Yves Jean-Bart, alias Dadou, vient d’être suspendu à titre provisoire par la Fédération Internationale de Football Association (FIFA), d’exercer toutes fonctions et activités liées au sport roi, pour une période de trois (3) mois, en attendant les dénouements des enquêtes sur les accusations portées contre lui par le journal britannique The Guardian. Dadou aurait, selon ce qu’affirme le journal, violé plusieurs joueuses mineures.

Toute personne, quel que soit son niveau de rationalité, devrait s’attendre à cette décision. N’empêche que les avis divergeaient. Ces derniers temps, au lieu d’un débat de fond sur un sujet d’une gravité rare, on a vu se développer des argumentations polarisées, se convertir en batailles rangées de pro et contre Dadou, d’éléments d’une classe contre une autre classe, et j’en passe. Un classique qui ne nous a menés nulle part dans notre histoire de peuple, sinon dans les abysses du sous-développement.

Lire aussi: Affaire « DADOU » : les leçons à tirer d’un carton rouge dans le temps additionnel

Le parcours de ce médecin-journaliste que d’aucuns qualifient d’intellectuel de pure souche, invité récurrent des médias nationaux, force autant l’admiration que la haine. Ses maladresses verbales couplées à des actions violentes dirigées des dernières semaines, qu’on dirait même téléguidées, contre des journalistes, des militants de KAY FANM, et autres personnalités du sport, ne l’ont pas vraiment aidé, si ce n’est, tout au mieux, servir de circonstances aggravantes dans le cas d’un éventuel procès.

Ce football féminin — puisqu’il s’agit précisément de ce secteur — qui a fait vibrer de millions d’Haïtiens ces deux dernières années, ne doit nullement projeter l’image d’un malhonnête système d’exploitation orchestrée par une bande de déloyaux dirigeants faisant subir mauvais traitements, abus physiques et dégradations personnelles à des jeunes filles sans défense.

La Société des Amis du Sport (SAS) ne souhaiterait nullement que ceux qui sont appelés à assurer la relève, même de manière temporaire au sein de la FHF, soient de collusion avec celui qui a été sanctionné, afin que ne se perpétuent, ou ne soient couverts, des actes odieux, hautement condamnables, ayant, semble-t-il, constitué l’ordre des choses tendant à faire croire aux futurs talents haïtiens, qu’il s’agirait là de conséquences négligeables et de déviances collatérales mineures de l’exercice du métier de footballeuse (…).

Cependant, au mieux du principe que la présomption d’innocence doit naturellement s’imposer, la SAS espère, plus qu’injures, conjectures à l’emporte-pièce et vœux pieux, que des mesures de prévention généralement admises soient prises pour protéger les athlètes du « Campnou », et que des enquêtes méticuleuses et professionnelles s’engouffrent de manière raisonnée dans la brèche créée par les déclarations des journalistes du journal The Guardian et de Romain Molina, afin de faire éclater la vérité et de révéler, in fine, le mot du droit.

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